Conservatorio di Santa Teresa

CONSERVATORIO DI SANTA TERESA

Troisième série n° 16.

Conservatorio di Santa Teresa

Auteur : Romano Bilenchi

Préface de Michèle Lesbre

Traduit de l’italien par Marie-José Tramuta

ISBN : 978-2-919205-43-1

14 x 19 cm

pages 200

Date de publication : 2 mars 2023

Disponible

Prix 18 €

DESCRIPTIF

Paru dans un premier temps en 1940, puis après de multiples soubresauts republié en 1973, Conservatorio di Santa Teresa dont l’action se déroule à la veille de la première guerre mondiale et se conclut à son lendemain, connut les foudres de la censure fasciste. C’est un climat de haine et de violence qui se dessine en filigrane de ce Bildungsroman à travers le regard, parfois glaçant parfois inquiétant, rarement apaisé, de Sergio, que l’on suit de l’enfance à l’adolescence, au sein d’une nature, hors du temps des hommes, qui lui ressemble, celle de la Toscane siennoise (déjà décrite dans sa noirceur et sa beauté par le grand Federico Tozzi), avant son entrée au Conservatorio et son apprentissage des rapports sociaux au sein de la Ville. Elle concrétise son entrée dans l’Histoire qui se dessine peu à peu au revers de l’intime et de petits faits du quotidien pour converger dans l’avènement du fascisme naissant et dévoiler sa face hideuse à travers les échos de la guerre, du sexe et d’innombrables non-dits qui oppressent l’enfant. Dans une veine romanesque et hautement poétique, Romano Bilenchi entame les thèmes qui lui sont chers et qu’il développera aussi dans les nouvelles de la trilogie des Années impossibles : La Sécheresse, La Misère, et plus tardivement Le Gel (éditions Verdier, 1994). Autant de déclinaisons sur le mal qui corrode la société italienne de l’Entre-deux-guerres, sous le regard, déjà, d’un enfant témoin et qui culminent en un unique roman entamé dès 1938 avec Anna et Bruno(éditions Feuillet de Babel, 1989) qui anticipe Conservatorio di Santa Teresa

 

BIOGRAPHIE

Romano Bilenchi naît à Colle Val D’Elsa (province de Sienne) en 1909 et meurt à Florence en 1989. Très jeune, il s’installe à Florence. Ses collaborations littéraires aux revues Il Selvaggio et Primato, ainsi que son premier roman, Vita di Pisto (1931), témoignent de ses sympathies de jeunesse pour le fascisme, dont il s’éloigne à partir de 1938. Dans l’après-guerre, il s’inscrit au Parti communiste et en 1948 prend la direction du quotidien de Florence Nuovo Corriere. Cette expérience se termine en 1956, après un éditorial sévère dans lequel Bilenchi stigmatise la répression soviétique en Hongrie, et qui est suivi de sa démission du PCI. En 1972 son dernier roman, Il bottone di Stalingrado, obtient le Prix Viareggio. À la question qu’on lui posait : « À quoi reconnaît-on un écrivain ? », il répondit : « À la poésie qu’il réussit à saisir dans ce qu’il écrit ou aux émotions qu’il donne. Un narrateur, ou il est poète, ou il vaut mieux qu’il arrête. » Conservatorio di Santa Teresa témoigne de cette ambition et l’authentifie. Son œuvre s’inscrit dans la lignée des primitifs toscans, de Catherine de Sienne à Federigo Tozzi, et compte parmi les œuvres les plus marquantes du XXe siècle italien